Actualités
Bénin : À six mois de la présidentielle, la transparence du fichier électoral au centre des débats
À moins de huit mois de l’élection présidentielle prévue pour avril 2026, la question de la transparence du fichier électoral domine le débat politique au Bénin. Consciente de l’enjeu, l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP) a réuni, le samedi 16 août 2025, les partis politiques et plusieurs organisations de la société civile pour une présentation officielle de la Liste électorale informatisée (LEI). Cette base de données, qui regroupera tous les citoyens béninois âgés de 18 ans et plus au 11 janvier 2026, se veut l’outil de référence pour garantir la fiabilité du scrutin.

Un calendrier déjà balisé
Lors de la rencontre, Herbert Assogba, responsable communication et partenariats de l’ANIP, a détaillé le calendrier de mise en place de la liste. L’affichage provisoire de la LEI se tiendra du 13 au 28 septembre 2025 dans les centres de vote, suivi d’un affichage définitif entre le 28 octobre et le 11 novembre. Le fichier sera ensuite transmis à la Commission électorale nationale autonome (CENA) le 12 novembre 2025.
Ces étapes visent à donner le temps aux électeurs de vérifier leurs informations et, le cas échéant, de demander des corrections avant l’échéance présidentielle.
Lire aussi : http://Spin and Win est une aventure inoubliable dans le monde du drive et des gros gains !
Des outils numériques pour plus de transparence
La grande innovation de cette réforme réside dans la digitalisation du processus. Les électeurs pourront désormais consulter ou rectifier leurs données via :
- les guichets ANIP installés dans les mairies,
- des plateformes numériques,
- et l’application mobile ANIP.BJ.
La carte nationale d’identité biométrique, promue sous le slogan « La carte, c’est moi », sera l’unique document accepté pour voter. L’agence a toutefois prévenu : toute personne réalisant son RAVIP après le 28 septembre 2025 ne pourra pas figurer sur la liste électorale pour la présidentielle de 2026. Par ailleurs, un changement de centre de vote ne sera validé qu’après une déclaration officielle de résidence.
Une dimension technologique mise en avant
Lors de la présentation technique, le développeur Elvys Daa-Kpode a insisté sur la dimension numérique de la LEI et sur la traçabilité en temps réel qu’elle offre. Selon lui, cette innovation est un gage de transparence et de confiance pour les électeurs, mais aussi un moyen de limiter les contestations liées aux irrégularités dans l’identification des votants.

L’ANIP veut rassurer
En clôture des travaux, le directeur général Aristide Adjinacou a réaffirmé l’engagement de son institution à « renforcer la confiance des citoyens dans le processus électoral ». Une déclaration qui intervient dans un contexte politique tendu, marqué par l’annonce du président Patrice Talon de ne pas briguer un troisième mandat. Cette décision, saluée par certains et critiquée par d’autres, ouvre la voie à une recomposition politique incertaine où la fiabilité du fichier électoral pourrait jouer un rôle central.
Un enjeu politique majeur
À six mois du scrutin, la qualité et la crédibilité de la LEI pourraient être déterminantes pour assurer un climat apaisé. Les partis d’opposition comme de la mouvance présidentielle scrutent avec attention les étapes de validation du fichier, conscients que toute contestation de la légitimité du processus risquerait d’alimenter la méfiance et les tensions politiques.
La mise en place d’outils numériques, si elle est saluée par de nombreux acteurs, devra aussi démontrer sa capacité à couvrir tout le territoire, notamment les zones rurales où l’accès à internet reste limité.
Lire aussi : Togo en quête de renouveau : le peuple appelle à une République juste et inclusive
Vers une présidentielle sous haute surveillance
Avec la promesse d’un fichier électoral modernisé et sécurisé, l’ANIP joue une partie de sa crédibilité. Mais au-delà de la technique, c’est bien la confiance des citoyens qui est en jeu. Dans un pays où les scrutins précédents ont parfois été marqués par des contestations, la présidentielle de 2026 s’annonce comme un test majeur pour la démocratie béninoise.
La LEI, si elle tient toutes ses promesses, pourrait marquer un tournant en offrant aux électeurs un outil fiable et transparent. À l’inverse, tout dysfonctionnement risquerait de fragiliser davantage un climat politique déjà sous tension.
Rejoindre notre communauté WhatsApp pour ne rien manquer.
Rejoignez notre communauté télégramme pour ne rien manquer.

