Economie
Baisse du chômage : des chiffres rassurants devant une jeunesse en pleure
Les données officielles affichent une amélioration. En 2024, le taux de chômage s’est établi à 3,10 %, contre 3,20 % l’année précédente. Il s’agit du niveau le plus faible enregistré depuis plus de trente ans, selon les statistiques compilées par Trading Economics. Sur la période 1991-2024, la moyenne nationale tourne autour de 4 %, avec un sommet atteint en 2014 (4,70 %).
Table of Contents
Sur le plan macroéconomique, les indicateurs semblent donc rassurants. Mais dans les rues et les quartiers, un autre discours se fait entendre.
L’emploi, oui… mais à quel prix ?
Si le chômage recule sur le papier, une grande partie de la jeunesse estime que ses conditions de vie ne suivent pas la même trajectoire. Les critiques sont récurrentes : pression fiscale ressentie comme excessive pour les petits entrepreneurs, difficultés d’accès au financement, taux d’intérêt élevés, inadéquation entre certaines formations et les besoins réels du marché.
Pour beaucoup, le problème n’est plus seulement d’avoir un emploi, mais d’avoir un emploi stable, valorisant et capable d’offrir des perspectives d’évolution.
LIRE AUSSI : Coopération nucléaire pacifique : le Togo et l’AIEA signent un nouveau partenariat
Dans les rues de Lomé, un symbole du paradoxe
À Lomé, le phénomène est visible à chaque carrefour. Les taxi-motos et tricycles sillonnent la ville du matin au soir. Derrière ces guidons se trouvent souvent des profils inattendus : diplômés, techniciens qualifiés, étudiants en attente d’opportunités.
Agbessi – prénom modifié – a 36 ans et un diplôme en droit public. Aujourd’hui, il conduit un tricycle entre le grand marché et les quartiers périphériques. Chaque jour, il doit payer 5 000 francs CFA pour la location de l’engin. Ce qui reste en fin de journée suffit à peine à couvrir les besoins essentiels.
La fatigue qu’il évoque n’est pas spectaculaire, mais progressive. « Les journées passent, les années aussi. À force, on finit par oublier les projets qu’on avait au départ », confie-t-il.
Son témoignage illustre une réalité plus large : le chômage officiel est faible, mais l’emploi informel et précaire occupe une place grandissante.
Une jeunesse à la croisée des chemins
Pour de nombreux jeunes, l’horizon paraît limité. Deux options semblent dominer : tenter l’aventure à l’étranger avec tous les risques que cela comporte, ou rester et accepter une forme de stabilité fragile.
Ce dilemme nourrit un sentiment diffus de stagnation. Certains s’interrogent sur l’héritage des générations passées et sur les promesses non réalisées de progrès social.
Ce n’est pas une remise en cause des avancées enregistrées, mais l’expression d’un besoin : celui de perspectives claires et de mobilité réelle.
Le véritable enjeu : qualité et sens de l’emploi
La question dépasse désormais la simple création d’emplois. Elle concerne leur qualité, leur durabilité et leur capacité à transformer les trajectoires individuelles.
Les chiffres témoignent d’une amélioration. Mais pour une partie de la jeunesse, l’essentiel reste à accomplir : bâtir un environnement où l’effort, la formation et l’initiative débouchent sur de véritables opportunités.
Au-delà des statistiques, c’est la confiance dans l’avenir qui est en jeu.
Source : Laabali
Rejoindre notre communauté WhatsApp pour ne rien manquer.

