Actualités
Urgent : un coup d’État éclate trois jours après la présidentielle en Guinée-Bissau
Un nouveau coup d’État vient de frapper la Guinée-Bissau. Le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, a annoncé mercredi avoir été arrêté aux alentours de midi, alors qu’il se trouvait dans son bureau au palais présidentiel de Bissau.
Cette arrestation spectaculaire survient trois jours après une élection présidentielle fortement disputée, et avant même la proclamation officielle des résultats, attendue ce jeudi.
Selon un message relayé par Jeune Afrique, Embaló affirme avoir remporté le scrutin avec 65 % des voix, d’après ses propres décomptes. Une affirmation impossible à vérifier à ce stade, la commission électorale n’ayant toujours pas communiqué les résultats et les deux camps revendiquant la victoire.
Arrestations en chaîne au sein de l’appareil sécuritaire
Outre le chef de l’État, plusieurs hauts responsables de la sécurité ont été interpellés au même moment. Parmi eux :
- Biague Na Ntan, chef d’état-major général des armées
- Général Mamadou Touré, son adjoint
- Botché Candé, ministre de l’Intérieur
Umaro Sissoco Embaló parle sans détour d’un « coup d’État », qu’il attribue au chef d’état-major de l’armée de terre. Il assure n’avoir été victime d’aucune violence. Toutefois, des coups de feu ont été rapportés près du palais présidentiel et du siège de la commission électorale, selon plusieurs sources locales.
Lire aussi : Faure Gnassingbé surprend l’Europe : un appel fort pour un nouveau pacte Afrique–UE
Un scrutin calme, mais un climat politique explosif
Le vote de dimanche s’était déroulé dans un calme relatif, sans incidents majeurs. Mais la tension politique était palpable.
L’opposition faisait campagne sans son leader emblématique, Domingos Simões Pereira, empêché de se présenter pour des raisons judiciaires.
Le PAIGC, parti historique et principal force politique du pays, avait reporté son soutien sur Fernando Dias de Costa, outsider propulsé en quelques semaines au rang d’adversaire principal d’Embaló.
Une histoire politique marquée par l’ingérence militaire
Ce coup de force s’inscrit dans une longue tradition d’instabilité. Depuis 1974, la Guinée-Bissau n’a jamais vécu une alternance politique véritablement apaisée, l’armée jouant régulièrement un rôle décisif dans les transitions.
Arrivé au pouvoir en 2020 après un scrutin déjà contesté, Umaro Sissoco Embaló avait cherché à renforcer son autorité en affaiblissant une opposition fragmentée et en s’appuyant sur une partie de l’appareil sécuritaire.
Une stratégie qui semble aujourd’hui se retourner contre lui, alors que le pays replonge dans une nouvelle crise institutionnelle.
