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Transition en Guinée-Bissau : Horta N’Tam prend officiellement les commandes et promet un retour rapide à l’ordre constitutionnel
La Guinée-Bissau ouvre une nouvelle page politique. En effet, le général Horta N’Tam a officiellement pris la tête de la transition. Ce changement intervient dans un contexte marqué par des tensions institutionnelles. Ainsi, l’armée veut garantir, selon ses propres termes, un retour rapide à l’ordre constitutionnel. Toutefois, cette transition soulève de nombreuses interrogations. Mais elle suscite également un espoir mesuré au sein de la population, déterminée à éviter une nouvelle crise. Dès lors, l’installation de Horta N’Tam marque un moment décisif pour l’avenir du pays.
Le général, proche du président sortant Umaro Cissoko Embalo, a prêté serment dans une salle sobre, sans hymne national. Cependant, la scène était chargée de symboles : les trois corps de l’armée – terre, air et marine – ont simultanément proclamé son installation officielle. Le pouvoir civil est désormais neutralisé et l’armée assume seule la direction du pays.
Une installation préparée depuis la prise de contrôle
L’armée affirme avoir pris le contrôle total du pays la veille. Par ailleurs, le général Horta N’Tam a indiqué qu’il assumait désormais « la direction du Haut commandement » après une phase de concertation interne. Il a été promu au grade de major général durant le mandat d’Embalo, preuve de liens solides entre les deux hommes.
Selon les militaires, cette transition doit durer exactement douze mois. Toutefois, aucun détail n’a encore été donné sur le calendrier politique, ni sur le processus de retour à l’ordre constitutionnel. L’incertitude reste donc totale pour la population.
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Arrestations en cascade au sommet de l’État
Umaro Cissoko Embalo est toujours détenu dans les locaux de l’état-major. Il n’a fait aucune nouvelle déclaration. De plus, des sources régionales affirment que des chefs d’État voisins chercheraient un pays d’accueil pour l’ex-président.
L’opposant historique Domingos Simões Pereira a également été arrêté. Il est détenu dans un commissariat du centre-ville. Huit autres opposants ont aussi été interpellés, selon la Ligue des droits de l’homme. Cinq magistrats ont même été empêchés d’assurer la surveillance du dépouillement. Ensuite, les militaires ont annoncé la réouverture progressive des frontières, fermées après le coup de force.
En revanche, le candidat Fernando Diaz de Costa affirme être en sécurité et se cacher. Néanmoins, il demeure introuvable pour les autorités.
Un discours ferme face à une crise profonde
Lors de son allocution d’une dizaine de minutes, le général Horta N’Tam a justifié la prise du pouvoir par une « menace de déstabilisation nationale ». Il évoque des narcotrafiquants impliqués dans un projet visant à saper la stabilité du pays. En effet, la Guinée-Bissau est depuis longtemps classée comme un point majeur du trafic de cocaïne entre l’Amérique latine et l’Europe.
Le général a parlé d’un « effort commun » de l’armée pour « sauver la nation ». Pourtant, aucune preuve publique n’a été fournie pour étayer ces accusations. La junte n’a pas non plus révélé les détails de la prétendue menace.
Une capitale paralysée malgré la levée du couvre-feu
À Bissau, la vie quotidienne est complètement arrêtée. Les commerces sont fermés. Les rues sont vides. La circulation des véhicules est interdite. Finalement, même si le couvre-feu a été levé à 6 heures, les habitants n’osent pas sortir.
La présence militaire est massive. Des véhicules 4×4 aux vitres teintées circulent lentement dans la ville. Les médias restent quasiment muets, à l’exception de la radio et de la télévision publiques qui relaient uniquement les messages des militaires. L’accès à internet et aux appels téléphoniques est fortement perturbé.
Le PAIGC a appelé ses militants à se rassembler devant le ministère de l’Intérieur pour exiger la libération de Domingos Simões Pereira. Néanmoins, l’ampleur du dispositif militaire rend la tenue de ce rassemblement très incertaine. Les axes autour du palais présidentiel sont sous haute surveillance. Les patrouilles s’étendent même jusqu’aux zones périphériques.
Un avenir incertain pour une nation fragilisée
La transition annoncée par l’armée ouvre un nouveau chapitre sombre pour la Guinée-Bissau. Le pays, habitué aux coups d’État à répétition, replonge dans une crise institutionnelle majeure. Ainsi, la population reste suspendue aux premières décisions du général Horta N’Tam, désormais aux commandes pour un an.
