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Transhumance au Togo : un numéro vert est enfin disponible pour prévenir les conflits

Transhumance au Togo : un numéro vert est enfin disponible pour prévenir les conflits

Le gouvernement togolais vient de franchir une étape importante dans sa stratégie de prévention et de gestion des conflits liés à la transhumance. Le numéro vert 8424, officiellement lancé par le ministre d’État, ministre des Ressources halieutiques, animales et de la Réglementation de la Transhumance, le Général de Brigade Damehane Yark, est désormais opérationnel sur toute l’étendue du territoire national. Gratuit et accessible 24h/24, 7j/7 depuis tous les réseaux de téléphonie mobile (Togocom, Moov Africa), ce service s’impose comme un outil de médiation de proximité, essentiel dans les zones à forte activité agropastorale.

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Un centre d’écoute pour une action rapide et ciblée

Le dispositif mis en place ne se limite pas à une simple ligne téléphonique. Il repose sur un centre d’appels dédié, doté de personnels formés, chargés de recevoir les appels, de centraliser les informations et de les transmettre en temps réel aux autorités compétentes. L’objectif est clair : permettre des interventions rapides et efficaces en cas d’incidents liés aux mouvements saisonniers de troupeaux.

Pour le ministre Yark, cette innovation administrative s’inscrit dans une logique de réglementation apaisée et concertée de la transhumance, un phénomène agricole à la fois vital pour les éleveurs et souvent source de frictions avec les agriculteurs. « Le numéro vert 8424 constitue un outil essentiel pour promouvoir une transhumance apaisée, concertée et réglementée sur toute l’étendue du territoire », a-t-il affirmé lors de la cérémonie de lancement.

Une réponse aux tensions croissantes sur le terrain

La transhumance, bien qu’elle soit une pratique traditionnelle profondément ancrée dans les habitudes pastorales de l’Afrique de l’Ouest, génère régulièrement des conflits d’usage entre agriculteurs et éleveurs, particulièrement pendant les périodes de pénurie fourragère ou en cas de non-respect des couloirs de passage. Ces affrontements peuvent dégénérer en violences communautaires, avec des pertes humaines et matérielles parfois considérables.

Le lancement de ce numéro vert constitue donc une réponse proactive de l’État togolais face à la recrudescence de ces tensions, notamment dans les régions septentrionales du pays. En mettant à disposition un outil de signalement accessible à tous, le gouvernement entend impliquer les citoyens dans la résolution pacifique des litiges.

Appel à la responsabilité et à l’engagement citoyen

Toutefois, l’efficacité de ce dispositif repose largement sur l’usage responsable qu’en feront les populations. Le Général Yark insiste sur la nécessité d’un comportement citoyen, empreint de civisme et de solidarité. « Le 8424 ne doit pas devenir un instrument de dénonciation abusive ou de règlements de comptes personnels », a-t-il averti.

Il appelle à l’adhésion de tous les acteurs concernés, notamment les agriculteurs, les éleveurs, les chefs traditionnels, les leaders communautaires et les autorités locales. Cette approche inclusive vise à construire une culture de dialogue, en misant sur la prévention plutôt que la répression.

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Un outil au service du développement durable rural

Au-delà de la gestion immédiate des incidents, le centre d’appel et le numéro vert 8424 s’inscrivent dans une vision plus large de développement durable des zones rurales. En stabilisant les relations entre les communautés, en facilitant la remontée des informations du terrain vers l’administration centrale, et en évitant l’escalade des tensions, ce dispositif contribue à renforcer la cohésion sociale et à garantir la sécurité alimentaire, deux piliers fondamentaux de la stabilité nationale.

Cet engagement du gouvernement s’inscrit également dans les orientations du Plan national de développement (PND), qui accorde une place importante à la sécurisation des activités agro-sylvo-pastorales, dans un contexte de changement climatique où les ressources naturelles deviennent de plus en plus convoitées.

Enjeux et perspectives

Si le lancement du numéro vert 8424 est unanimement salué, sa réussite dépendra de l’efficacité de la chaîne d’intervention qui le soutient, de l’implication réelle des autorités locales, et de la capacité des agents à traiter les plaintes dans les délais. À cela s’ajoute la nécessité d’une communication permanente auprès des populations rurales, souvent éloignées des moyens modernes d’information.

Le défi reste donc double : faire connaître le service à toutes les communautés concernées, et garantir que chaque alerte déclenche une réaction appropriée. Le Togo vient de poser une première pierre importante dans la prévention des conflits liés à la transhumance. Reste à pérenniser et à renforcer ce mécanisme, pour en faire un levier durable de paix rurale.

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