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Togo : Une manifestation pacifique annoncée par les familles des détenus du mois de juin à octobre
Les familles des personnes arrêtées lors des manifestations entre juin et octobre annoncent pour le 14 novembre un rassemblement pacifique devant l’Assemblée nationale, suivi d’une marche en direction de la Présidence. Elles expliquent vouloir poser un acte symbolique de pardon au nom de leurs proches encore en détention.
Les initiateurs assurent qu’il ne s’agit pas d’une initiative de protestation. Leur objectif est de promouvoir le dialogue, la compassion et l’apaisement. Pour cela, ils ont informé plusieurs institutions, parmi lesquelles la Gendarmerie nationale, le Ministère de la Justice, le Ministère de l’Administration territoriale, ainsi que diverses organisations civiles et les médias.
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Une mobilisation présentée comme non revendicative
Les organisateurs insistent sur la vocation morale de cette action. Ils rappellent qu’ils ne cherchent ni confrontation ni revendication directe. « Nous sollicitons la compréhension et l’accompagnement de la Gendarmerie pour garantir la tranquillité de ce moment », indiquent-ils.
À travers cette initiative, les familles espèrent adresser un message d’unité. Elles appellent les autorités à poser un geste de bienveillance à l’égard des détenus, estimant qu’un acte d’humanité pourrait redonner confiance aux jeunes et renforcer la cohésion nationale.
Grâce Koumayi, une figure emblématique parmi les détenus
Dans leur communication, les familles attirent également l’attention sur le cas de Grâce Koumayi, sage-femme arrêtée dans la même vague. Elles ont écrit au Comité national des sages-femmes pour dénoncer les traitements qu’elle aurait subis, la présentant comme une professionnelle exemplaire injustement éprouvée.
Selon elles, son histoire interpelle au-delà de sa personne. Elle toucherait à la dignité des femmes et à la considération envers la profession de sage-femme. Elles invitent donc les sages-femmes, les responsables religieux et toutes les personnes sensibles à cette situation à se joindre à leur démarche, dans un esprit de solidarité et non d’affrontement.
Un contexte national toujours marqué par les restrictions
Depuis l’interdiction des manifestations en 2022, suite à une attaque meurtrière survenue dans un marché de Lomé, les rassemblements publics sont strictement encadrés. Cette mesure a été renforcée en 2025 après plusieurs épisodes de tension.
Les marches contre la réforme constitutionnelle et la vie chère, en juin dernier, ont donné lieu à une forte répression, avec de nombreuses arrestations et plusieurs morts selon les organisations de défense des droits humains. En août, une autre initiative citoyenne portée par l’association Novation Internationale a été interdite en raison d’un « climat national tendu ».
Une initiative suspendue à la décision des autorités
Dans ces conditions, la possibilité de tenir le rassemblement du 14 novembre dépendra largement de la réponse des autorités. Malgré la volonté affichée d’organiser un événement strictement pacifique, l’interdiction répétée de mobilisations publiques fait planer une incertitude sur l’issue de leur démarche.
Les familles affirment néanmoins maintenir leur appel, convaincues que leur initiative relève d’un élan humain plutôt que politique, et espèrent qu’elle sera accueillie comme telle.
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Source : Togobreakingnews
