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Togo : Si photographier un caniveau est une « atteinte à la sûreté de l’Etat », les ONG ne sont pas d’accord

Togo : Si photographier un caniveau est une "atteinte à la sûreté de l'Etat", les ONG ne sont d'accord

L’affaire suscite une vive indignation au sein des organisations de défense des droits humains au Togo. Sokpor Kossi Sitsopé Honoré, plus connu sous le nom d’« Affectio », a été placé sous mandat de dépôt après son arrestation survenue le 24 avril 2026. Son tort, selon plusieurs ONG : avoir photographié un caniveau dans le cadre d’une démarche citoyenne de contrôle de l’action publique.

Dans une déclaration conjointe publiée le 20 mai 2026, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et plusieurs organisations signataires dénoncent une arrestation arbitraire accompagnée de violences, de torture et d’accusations jugées disproportionnées.

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Des accusations lourdes pour une simple photographie

Selon les organisations de défense des droits humains, Affectio est poursuivi pour « atteinte à la sûreté de l’État » et « divulgation du bien de l’État », après avoir pris en photo des ouvrages publics destinés à lutter contre les inondations.

Pour les signataires, cette procédure judiciaire traduit une volonté manifeste de criminaliser l’engagement citoyen et toute forme de regard critique sur la gestion publique.

« Cette instrumentalisation de la justice transforme un acte citoyen en un prétendu crime d’État », dénoncent-ils dans leur communiqué.

Des accusations de torture et de détention arbitraire

Les ONG affirment également que l’activiste togolais aurait subi des actes de torture, des brutalités physiques et même un étranglement lors de son interpellation.

Elles dénoncent aussi le dépassement des délais légaux de garde à vue avant sa présentation devant un juge, évoquant ainsi une nouvelle illustration des dérives de l’appareil judiciaire togolais.

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Pour les organisations signataires, cette affaire envoie un message inquiétant à la population :

« Elle protège les agresseurs et punit les victimes. »

Un activiste déjà emprisonné en 2025

Ce n’est pas la première fois que le nom d’Affectio se retrouve au cœur d’une affaire judiciaire. En 2025, il avait déjà passé près d’un an en détention après la publication d’un poème intitulé « Fais ta part ».

Cette précédente arrestation avait déjà suscité de nombreuses réactions dans les milieux de la société civile et des défenseurs des libertés fondamentales.

Aujourd’hui, plusieurs organisations voient dans cette nouvelle procédure une forme de harcèlement ciblé contre un citoyen engagé connu pour ses prises de position critiques.

Les ONG réclament sa libération immédiate

Face à cette situation, la FIDH, l’OMCT et les autres organisations signataires exigent :

  • la libération immédiate et sans condition de Sokpor Kossi Sitsopé Honoré ;
  • l’abandon des charges jugées infondées ;
  • l’ouverture de poursuites contre les auteurs présumés des actes de torture ;
  • ainsi qu’une mobilisation de la communauté internationale contre « l’utilisation systématique de la détention pour faire taire la société civile ».

Les signataires réaffirment enfin leur engagement pour « la défense des libertés fondamentales et la construction d’un État de droit au Togo », dans un contexte où les inquiétudes autour des droits humains continuent d’alimenter le débat public.

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