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Togo : la filière coton en chute libre malgré les ambitions de relance

Togo : 5,8 milliards FCFA mobilisés pour renforcer l’approvisionnement en engrais dans la filière coton

La filière coton au Togo traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente. Jadis considérée comme un pilier de l’économie agricole, elle s’enlise aujourd’hui dans une spirale de baisse de production, de réduction des superficies et de fuite des producteurs. Alors que les autorités affichent des ambitions de relance, fixant un objectif de près de 93 500 tonnes d’ici à 2026, les producteurs eux, dénoncent une vision irréaliste et alertent sur un effondrement imminent si des mesures urgentes ne sont pas prises.

Une production en recul constant

Selon la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton (FNGPC), la production nationale est loin de refléter les ambitions fixées. Ces dernières campagnes ont montré une baisse nette de rendement :

  • 67 185 tonnes en 2020-2021,
  • 60 408 tonnes en 2023-2024,
  • 67 679 tonnes en 2024-2025.

La superficie cultivée a, elle aussi, diminué, passant de 100 050 hectares en 2020-2021 à seulement 75 792 hectares en 2024-2025. Le nombre de producteurs suit la même tendance, chutant de 111 453 en 2020-2021 à 78 794 en 2024-2025, malgré un léger sursaut lors de la campagne 2023-2024.

L’alerte des producteurs

Face à cette situation préoccupante, le président de la FNGPC, Koussouwè Kouroufei, tire la sonnette d’alarme.
« Si rien n’est fait, la filière va vers un gouffre total. À ce stade, nous osons croire que l’État sera à l’écoute. L’heure de la relance est encore possible », a-t-il déclaré.

La fédération appelle notamment à renforcer la mécanisation et l’irrigation dans les Zones d’aménagement agricole planifiées (ZAAP), identifiées comme des espaces stratégiques pour relancer la culture cotonnière.

Une filière en crise depuis cinq ans

Autrefois considéré comme un pilier de l’économie agricole togolaise, le coton a connu ses heures de gloire avant de sombrer dans une crise structurelle depuis près de cinq ans. Les raisons de ce déclin sont multiples : baisse de productivité, difficultés d’accès aux intrants, changements climatiques, mais aussi découragement progressif des producteurs qui désertent la filière.

Des perspectives encore possibles

Malgré la crise actuelle, les acteurs estiment qu’une relance reste envisageable si des mesures urgentes sont prises. La mécanisation, la formation des producteurs, l’accès à des semences de qualité et la sécurisation du revenu paysan sont identifiés comme des leviers indispensables pour redynamiser la filière.
Pour l’État, il s’agit désormais d’un enjeu stratégique, car le coton ne représente pas seulement une culture de rente, mais aussi une source de revenus pour des milliers de familles rurales.

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