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Togo et esclavage : près de 290 000 déportés, une page méconnue de l’histoire
Une étude menée par un chercheur de l’Université Harvard met en lumière une réalité souvent passée sous silence : près de 290 000 personnes ont été déportées depuis le territoire de l’actuel Togo dans le cadre de l’esclavage et de la traite négrière. Un chiffre marquant, pourtant largement absent des récits historiques enseignés.

Un rappel historique nécessaire
La traite négrière désigne le commerce d’êtres humains réduits en esclavage entre le XVe et le XIXe siècle. Des millions d’Africains ont été capturés, vendus puis transportés vers les Amériques pour travailler dans des plantations dans des conditions extrêmement dures.
Le territoire correspondant aujourd’hui au Togo a été directement concerné par ce phénomène.
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Une étude scientifique qui interpelle
Ces données proviennent des travaux de Nathan Nunn, économiste à Harvard, publiés dans une revue académique de référence.
Son analyse estime le nombre de personnes déportées depuis différentes régions africaines entre 1400 et 1900. Pour le Togo, le chiffre avancé est de 289 634 individus, tous envoyés vers les Amériques via l’océan Atlantique.
Un chiffre difficile à imaginer
Pour mieux comprendre l’ampleur de ce nombre, il correspond à peu près à la population actuelle d’une grande ville togolaise comme Kara.
Et encore, ces estimations ne prennent en compte que les personnes ayant survécu à la traversée. Une proportion importante de captifs mourait en mer, ce qui laisse supposer un bilan réel encore plus élevé.
La “Côte des Esclaves” : une réalité historique
Avant la création des États modernes, cette région faisait partie de ce que les Européens appelaient la “Côte des Esclaves”, une zone incluant notamment les actuels Togo et Bénin.
Les côtes du Golfe de Guinée ont ainsi été des lieux de départ forcé pour de nombreux captifs embarqués vers les Amériques.
Des mécanismes complexes et douloureux
La capture des personnes ne reposait pas uniquement sur l’action des marchands européens.
Dans de nombreux cas, des acteurs locaux participaient aux échanges, en capturant des prisonniers lors de conflits ou de razzias, puis en les vendant contre des marchandises.
Cette réalité rend la mémoire de cette période particulièrement sensible, car elle soulève des questions complexes sur les responsabilités partagées.
Pourquoi cette histoire est-elle peu enseignée ?
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce silence :
- une mémoire collective difficile à aborder ;
- des programmes scolaires peu détaillés sur le sujet ;
- des enjeux politiques et sociaux sensibles ;
- un manque de recherches locales approfondies.
Résultat : une partie importante de cette histoire reste peu connue du grand public
Une diaspora toujours liée à ses origines
Les descendants de ces déportés vivent aujourd’hui en Amérique (États-Unis, Brésil, Haïti, Jamaïque…).
Grâce aux tests ADN, certains découvrent leurs origines en Afrique de l’Ouest, notamment dans la région du Golfe de Guinée, et cherchent à renouer avec leurs racines.
Des exemples dans la sous-région
Certains pays voisins ont engagé des démarches mémorielles importantes. Le Bénin, par exemple, a développé des sites historiques et des initiatives pour valoriser cette mémoire et renforcer les liens avec la diaspora.
Le Togo dispose également d’un potentiel historique et culturel qui pourrait être davantage mis en valeur dans ce sens.
La question des réparations et du devoir de mémoire
Le débat sur les réparations liées à l’esclavage gagne en visibilité à l’échelle internationale.
Cependant, pour les pays africains, la question reste délicate en raison de la complexité des responsabilités historiques.
Au Togo, ce sujet reste encore peu présent dans le débat public
Un passé à mieux comprendre
Mettre en lumière ces données, c’est contribuer à une meilleure compréhension de l’histoire du pays.
Au-delà des chiffres, il s’agit de reconnaître une réalité historique et d’encourager une réflexion collective sur la mémoire, l’identité et les liens avec la diaspora.
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