Education
Togo : des salles de classe bondées, des élèves parfois contraints d’étudier dehors
Au Togo, la question du surpeuplement dans les écoles devient de plus en plus préoccupante, aussi bien dans certaines localités rurales que dans plusieurs centres urbains. Dans de nombreux établissements publics, les effectifs explosent au point où certains élèves suivent les cours dans des conditions extrêmement difficiles, parfois même à l’extérieur des salles de classe.

Des classes qui débordent
Chaque rentrée scolaire ramène les mêmes images : des salles de classe surchargées, des élèves serrés à trois ou quatre sur un même banc, et des enseignants obligés de hausser la voix pour tenter de maintenir l’attention.
Selon plusieurs données officielles publiées en 2025, plus de trois millions d’élèves ont repris le chemin des classes au Togo pour l’année scolaire 2025-2026.
Cette augmentation constante du nombre d’apprenants exerce une forte pression sur les infrastructures scolaires, notamment dans les écoles publiques où la demande dépasse largement les capacités d’accueil.
Dans certaines écoles de Lomé, Sokodé, Kara ou Dapaong, il n’est pas rare de voir des salles accueillir plus de 70 élèves. Une situation qui complique le travail des enseignants et réduit considérablement les conditions d’apprentissage.
Des cours parfois donnés sous des arbres
Dans plusieurs zones rurales du nord du pays, le manque de salles pousse certains établissements à improviser des espaces d’apprentissage en plein air.
Sous des hangars de fortune, des paillotes ou simplement à l’ombre des arbres, des enfants tentent malgré tout de suivre les leçons. Pendant la saison sèche, la chaleur devient étouffante. En saison des pluies, les cours sont souvent perturbés ou interrompus.
Dans certaines localités des Savanes ou du Kpendjal, les difficultés sécuritaires viennent également compliquer davantage l’accès normal à l’éducation.
Pour plusieurs familles, l’école reste pourtant le seul espoir d’un avenir meilleur pour leurs enfants.
Des enseignants débordés
Le phénomène du surpeuplement ne touche pas seulement les élèves. Les enseignants eux aussi subissent les conséquences directes de cette pression démographique scolaire.
Avec des effectifs très élevés par classe, il devient difficile d’assurer un suivi individuel des apprenants. Les corrections prennent davantage de temps, les évaluations deviennent plus compliquées et certains élèves en difficulté passent parfois inaperçus.
Entre pauvreté et croissance démographique
L’augmentation rapide du nombre d’élèves s’explique notamment par la croissance démographique et par les efforts engagés pour améliorer l’accès à l’éducation.
LIRE AUSSI : Togo : la CNDH veut limiter les abus liés à la détention préventive
Dans plusieurs villages, les cantines scolaires jouent également un rôle essentiel pour maintenir les enfants à l’école. En 2025, plus de 160 000 élèves bénéficiaient du programme national d’alimentation scolaire, avec une forte concentration dans les régions du nord.
Mais malgré ces initiatives, certaines écoles continuent de fonctionner dans des conditions précaires, faute d’infrastructures suffisantes.
Une urgence pour l’avenir
Pour de nombreux observateurs, la question du surpeuplement scolaire dépasse le simple problème des bâtiments. Elle touche directement la qualité de l’éducation, l’encadrement des élèves et les chances de réussite des jeunes Togolais.
Mais une réalité demeure : sans investissements massifs dans les infrastructures scolaires et l’encadrement pédagogique, les écoles togolaises risquent de continuer à étouffer sous le poids des effectifs.
Rejoindre notre communauté WhatsApp pour ne rien manquer.

