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Togo – Dakrokonsou : Transhumance meurtrière, tensions à Blitta entre éleveurs-agriculteurs , que fait l’État ?

Togo – Dakrokonsou : Transhumance meurtrière, tensions à Blitta entre éleveurs-agriculteurs , que fait l’État ?

Le sang a encore coulé dans la région centrale du Togo, ravivant une fois de plus les tensions chroniques entre agriculteurs et éleveurs. Le 24 juillet 2025, un différend lié à la transhumance a dégénéré en affrontement meurtrier à Dakrokonsou, dans le canton de Tchare-Baou (commune de Blitta 2). À l’origine : la destruction d’un champ de maïs par un troupeau de bétail, suivie d’une altercation fatale entre le cultivateur et le propriétaire du cheptel. Bilan : un mort, un blessé grave, des représailles communautaires, des dizaines de déplacés et des tensions palpables. Face à la montée de la colère et des risques d’escalade, les autorités togolaises ont dépêché une mission d’apaisement sur le terrain, appelant à la retenue et promettant justice. Mais cette intervention suffira-t-elle à prévenir d’autres drames à venir ?

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Tout est parti d’un accrochage entre un agriculteur local et un éleveur peuhl de Lakougnon-Copé, après que le troupeau de ce dernier a détruit une partie d’un champ de maïs. La présence de l’agriculteur et de son frère sur les lieux n’a pas empêché l’escalade : le cultivateur a été mortellement agressé, et son frère grièvement blessé. En réponse, une partie de la population locale, saisie par la colère, a attaqué le campement du présumé auteur et de sa communauté, provoquant plusieurs blessés, des déplacements de familles entières vers Pagala et la préfecture voisine de l’Akébou, ainsi que des destructions considérables.

Une délégation préfectorale pour apaiser les tensions

Face à la gravité des événements et à la montée des tensions, une délégation de la Plateforme préfectorale de réduction des risques de catastrophes (PPRRC) de Blitta s’est rapidement rendue sur les lieux le 28 juillet. Conduite par le préfet de Blitta, M. Batossa Boukari, la mission avait pour objectif de calmer les esprits, rétablir un dialogue et rappeler le rôle de l’État dans le maintien de la paix et de la justice.

La délégation a d’abord présenté les condoléances officielles du gouvernement à la famille du défunt. Elle a ensuite rassuré la population quant à la suite judiciaire du dossier, soulignant que l’auteur présumé des faits serait identifié et poursuivi conformément à la loi. Des appels clairs au calme et à la retenue ont été lancés, avec insistance sur la nécessité d’éviter toute forme de vengeance ou de justice privée.

Le chef canton lance un appel à la paix

Présent aux côtés de la délégation, le chef canton de Tchare-Baou, Adjama Bèlagnima, a pris la parole pour appeler sa communauté à faire preuve de retenue. Reconnaissant la douleur de la population et les tensions provoquées par l’événement, il a toutefois insisté sur la nécessité de préserver la cohésion sociale, affirmant que seule la voie judiciaire pouvait conduire à une paix durable.

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Il a remercié les autorités préfectorales pour leur promptitude et leur présence sur le terrain, signe d’une volonté de ne pas laisser le conflit dégénérer. Il a également promis de collaborer pleinement avec les autorités pour apaiser la situation et empêcher toute résurgence de la violence.

Une situation à surveiller dans un contexte tendu

Cet incident tragique remet une fois de plus en lumière la fragilité de la cohabitation entre communautés agricoles et pastorales au Togo. Si des initiatives ont été prises ces dernières années pour encadrer la transhumance et prévenir les conflits (zones de passage, comités locaux de dialogue), l’implémentation reste souvent inégale, et les tensions persistent, particulièrement en période de soudure ou lorsque les ressources naturelles sont rares.

Il devient urgent de renforcer les mécanismes de concertation locale, d’encourager la médiation communautaire et de mieux outiller les autorités locales pour désamorcer les crises avant qu’elles ne prennent une tournure dramatique.

Vers une réponse durable ?

La mission de la PPRRC est un premier pas vers la reconstruction du tissu social à Dakrokonsou. Mais pour éviter que de tels drames ne se reproduisent, un travail de fond devra être engagé : recenser les conflits fonciers latents, mettre en œuvre des mesures préventives de sécurité autour des zones de transhumance, et surtout, investir dans la sensibilisation et l’éducation des communautés sur les principes de cohabitation pacifique.

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