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Togo – Culture : Ekpesoso rejoint la liste du patrimoine immatériel de UNESCO

Togo - Culture : Ekpesoso rejoint la liste du patrimoine immatériel de UNESCO

Le Togo a franchi un cap majeur dans la valorisation de son patrimoine culturel. Le 11 décembre 2025, lors de la 20ᵉ session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel à New Delhi, le rituel Ekpesoso – célébré lors du nouvel an guin en pays Mina-Guin – a officiellement rejoint la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Un succès qui couronne plusieurs années de travail, mêlant expertise communautaire, rigueur administrative et diplomatie culturelle.

À la tête de la délégation togolaise, Bakayota K. Kpaye, directeur de cabinet du ministre de la Culture, était entouré de praticiens, d’experts et de représentants de la communauté guin, porteurs vivants de cette tradition multiséculaire.

Un tournant pour la stratégie culturelle du Togo

Au-delà de la distinction, Lomé y voit un instrument stratégique : renforcer sa visibilité dans les instances multilatérales, structurer sa gouvernance culturelle et faire du patrimoine immatériel un vecteur de cohésion et d’attractivité.
Cette reconnaissance intervient dans un contexte où le pays intensifie ses efforts pour faire émerger ses identités culturelles sur la scène internationale, longtemps dominée par une représentation limitée des patrimoines africains.

Ekpesoso, troisième patrimoine immatériel togolais reconnu

Avec cette inscription, Ekpesoso devient le troisième élément culturel togolais à entrer au patrimoine immatériel de l’UNESCO, après :

  • le Gélèdè, inscrit via une candidature multinationale,
  • la Maïeutique, ajoutée en 2023.

Le rituel n’appartient donc plus seulement à la sphère communautaire guin ; il est désormais reconnu comme un bien partagé par l’humanité entière.

L’initiative est portée par l’Académie du Guingbé et des savoirs endogènes guin et mina, en collaboration étroite avec la Direction du patrimoine culturel. Le dossier, déposé en février 2024, a suivi un processus d’évaluation de près de 18 mois.
Il s’agit de l’une des candidatures les plus travaillées de ces dernières années, soutenue notamment par la Délégation permanente du Togo auprès de l’UNESCO à Paris et par la Commission nationale togolaise pour l’UNESCO.

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Un rituel structuré, porteur d’identité et de transmission

Au cœur du cycle rituel d’Epé Ekpé, Ekpesoso occupe une place centrale. Sa séquence intervient après une série d’étapes symboliquement fortes :
Sédodo (décrets d’interdiction),
Situtu (purification),
Montata (aplanissement des voies),
Bli Kumama (distribution des grains de maïs),
Tchessidodo (préparation de l’eau de purification),
Avéfonfon (débroussaillement),
avant d’aboutir à Ekpesoso, puis à Nloli Yogbé (invocation des ancêtres), au repas rituel Yêkêyêkê Dugbé, et enfin au Nlowa Nagbé, le nouvel an, suivi du carnaval Ekpantchontchon.

Ces pratiques constituent un ensemble cohérent où se mêlent symbolique, mémoire collective et transmission intergénérationnelle. L’inscription à l’UNESCO vient renforcer leur pérennité et les ouvrir au regard du monde.

Visibilité internationale, mais nouvelles responsabilités

Cette reconnaissance implique également des engagements. Conformément à la Convention de 2003, le Togo devra désormais mettre en œuvre un plan de sauvegarde et soumettre un rapport quadriennal démontrant la protection et la transmission du rituel.
Un défi pour un pays qui structure encore son paysage institutionnel en matière de gouvernance du patrimoine.

Les autorités espèrent toutefois que la visibilité internationale de l’Ekpesoso agira comme un levier, non seulement pour mobiliser les communautés, mais aussi pour encourager d’autres initiatives culturelles dans la sous-région. Les retombées potentielles se situent également sur le plan économique : une meilleure attractivité touristique, des projets communautaires renforcés et un positionnement plus affirmé dans les débats culturels mondiaux.

Un symbole fort pour le Togo et les populations guin

Dans un contexte où de nombreux pays africains cherchent à inscrire davantage leurs héritages culturels à l’UNESCO, le Togo marque une avancée significative.
Pour les populations guin, cette distinction représente une fierté immense mais aussi une responsabilité : préserver un rituel désormais sous la vigilance de la communauté internationale.

L’inscription de l’Ekpesoso consacre ainsi une tradition ancienne tout en ouvrant une nouvelle page : celle d’un patrimoine local qui devient un repère culturel mondial.

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