Société
Taxation des gains à la LONATO : la colère monte chez les parieurs togolais
Depuis le 1er janvier 2026, une nouvelle disposition fiscale est entrée en vigueur au Togo, touchant directement les joueurs de la Loterie nationale togolaise (LONATO). Désormais, tout gain égal ou supérieur à 500.000 F CFA est soumis à une retenue fiscale de 5 %, prélevée à la source au profit de l’Office togolais des recettes (OTR). Une mesure qui suscite une vague de réactions, majoritairement négatives, chez les parieurs.
Une réforme fiscale qui fait débat
Introduite par la loi de finances 2026, cette décision vise, selon les autorités, à élargir l’assiette fiscale et à mieux encadrer le secteur des jeux de hasard. Concrètement, l’impôt est directement déduit avant que le gagnant ne perçoive son gain.
Mais sur le terrain, la justification officielle peine à convaincre. Pour de nombreux joueurs, cette réforme apparaît comme une pénalisation supplémentaire dans un secteur déjà marqué par l’incertitude et le risque.
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« On gagne rarement, et quand ça arrive, on taxe encore »
Dans les kiosques de jeux comme sur les réseaux sociaux, les réactions des parieurs sont sans équivoque. À Lomé, Kossi, habitué des paris sportifs, ne cache pas son amertume :
« On joue déjà avec peu d’argent et beaucoup de risques. Quand on gagne enfin, l’État vient encore prendre sa part. »
Un sentiment largement partagé par Ama, parieuse occasionnelle, qui estime que la mesure est décourageante :
« Au lieu d’encourager les gens, on les pénalise. Beaucoup vont arrêter de jouer ou se tourner vers des plateformes illégales. »
Un sentiment d’injustice largement relayé en ligne
Sur les réseaux sociaux, la question de l’équité revient avec insistance. Plusieurs internautes dénoncent un seuil jugé arbitraire.
« Pourquoi seulement à partir de 500.000 F CFA ? Pour certains, c’est un gain exceptionnel, pas un revenu régulier », s’indigne un internaute.
D’autres y voient une nouvelle illustration des inégalités sociales :
« L’État gagne toujours, même quand c’est le hasard qui nous sourit. À la fin, c’est le pauvre qui perd encore », peut-on lire dans un commentaire très partagé.
Entre obligation légale et risque de désaffection
Face à la polémique, la LONATO rappelle que cette retenue fiscale découle d’une obligation légale et qu’elle ne fait qu’appliquer les dispositions prévues par la loi de finances. Toutefois, sur le terrain, de nombreux observateurs s’interrogent.
La crainte principale exprimée par les parieurs est celle d’un effet dissuasif : baisse de la participation, désintérêt pour les jeux officiels et possible migration vers des circuits illégaux, moins contrôlés.
Une mesure aux conséquences encore incertaines
Si l’objectif budgétaire de l’État est clair, l’impact réel de cette nouvelle fiscalité sur la dynamique du secteur des jeux reste à évaluer. En attendant, la grogne des parieurs ne faiblit pas, et la taxation des gains à la LONATO s’impose déjà comme l’une des mesures les plus controversées du début de l’année 2026 au Togo.
