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RDC verse 10 millions d’euros au FC Barcelone pour un partenariat « de visibilité » alors que Goma saigne, jusqu’où ira le cynisme ?

RDC verse 10 millions d’euros au FC Barcelone pour un partenariat "de visibilité" alors que Goma saigne, jusqu’où ira le cynisme ?

En pleine tempête économique et sociale, la République Démocratique du Congo (RDC) se retrouve sous le feu des critiques après le virement de 10 millions d’euros au FC Barcelone, dans le cadre d’un partenariat qualifié de « visibilité ». L’information a été révélée par le journaliste sportif René Mukalay, suscitant un tollé dans l’opinion publique et sur les réseaux sociaux.

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L’accord, signé par le ministère des Sports et Loisirs, permettrait au club catalan d’afficher sur ses maillots le slogan « RDC, Cœur de l’Afrique », avec une attention portée sur les équipes de jeunes du Barça. Mais pour beaucoup, ce projet présente plus de flou que de fierté nationale.

Un partenariat opaque et mal expliqué

L’un des éléments les plus dérangeants dans cette affaire est l’absence totale de communication officielle autour du dossier. Ni le président, ni le Premier ministre, ni même le ministre Didier Budimbu n’ont daigné prendre la parole pour expliquer les tenants et aboutissants d’un accord aussi coûteux.

Alors que des accords similaires avaient été signés récemment avec l’AS Monaco et le Milan AC, la stratégie de promotion sportive de la RDC à travers de grands clubs européens n’a jamais été détaillée devant le Parlement ni soumise à débat public.

Ce manque de transparence soulève la question de l’utilisation des ressources publiques dans un pays où les priorités sont tout autres : éducation défaillante, hôpitaux sous-équipés, insécurité à l’est, salaires impayés, et services publics quasi absents.

10 millions pour un logo sur une manche ?

Le contrat prévoit, selon les fuites relayées par la presse, que le slogan « RDC, Cœur de l’Afrique » figure sur la manche des maillots du FC Barcelone, mais uniquement sur les tenues des équipes de jeunes. Le retour sur investissement, tant en termes de visibilité internationale que de bénéfices économiques pour le pays, reste largement incertain.

Dans un contexte où plus de 60 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, où des millions de déplacés internes fuient les violences armées, la question est simple : le pays avait-il vraiment besoin de ce partenariat ?

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Un choix politique contesté

La signature du contrat par le ministre Didier Budimbu le 9 juillet 2025, sans consultation parlementaire préalable, laisse penser à une gestion solitaire de la politique sportive nationale. Plusieurs organisations de la société civile dénoncent une démarche qui s’apparente à une manœuvre de communication politique, à la veille d’échéances électorales, au détriment de l’intérêt général.

Des activistes et parlementaires s’interrogent : pourquoi cet argent n’a-t-il pas été investi dans la construction de stades locaux, le soutien aux clubs nationaux, ou encore le financement de l’éducation physique dans les écoles publiques ?

Un gouvernement sous pression

Face à la polémique grandissante, le gouvernement congolais devra rapidement fournir des explications claires et documentées, sous peine de voir s’amplifier une contestation populaire déjà très sensible. Dans un pays aux institutions fragiles et aux finances mal gérées, l’image d’un État versant des dizaines de millions à des clubs européens de renom alors que des millions de Congolais manquent de l’essentiel, est difficilement acceptable.

Vers un audit ou une annulation ?

Plusieurs voix réclament déjà l’ouverture d’une enquête parlementaire, voire l’annulation pure et simple de l’accord, jugé inopportun et non prioritaire. L’affaire pourrait aussi alimenter une crise politique, si la pression citoyenne venait à se conjuguer à des tensions internes au sein de la majorité présidentielle.

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