Politique
Jean-Lucien Savi de Tové : l’ANC interpelle de nouveau le Président de la République dans une lettre
Le président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), Jean-Pierre Fabre, remet au cœur de l’actualité politique togolaise la question de l’assassinat de Sylvanus Olympio. En moins de deux mois, l’opposant adresse une seconde correspondance officielle au Président de la République, Jean-Lucien Savi de Tové, traduisant une volonté claire de maintenir la pression sur les institutions de l’État.
Après avoir, en décembre dernier, dénoncé la présence du portrait de Faure Gnassingbé dans les administrations publiques, le leader de l’ANC choisit cette fois un sujet à forte charge historique et symbolique, encore douloureux dans la mémoire collective nationale.
Un drame fondateur toujours entouré de zones d’ombre
Soixante-trois ans après l’assassinat du premier Président togolais, survenu le 13 janvier 1963, l’affaire continue de susciter interrogations et frustrations. Pour l’ANC, l’absence de vérité officielle empêche le pays de tourner définitivement cette page sombre de son histoire.
Le parti rappelle qu’il avait déjà, en janvier 2023, appelé à la déclassification des archives classées « secret défense » en France et dans d’autres pays, estimant que le peuple togolais avait le droit de connaître les circonstances exactes de la disparition de Sylvanus Olympio.
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Une initiative diplomatique renforcée
En 2026, l’ANC élargit son action en saisissant directement le Président français Emmanuel Macron, sollicitant l’ouverture des archives françaises liées à l’événement. Une conférence de presse est également annoncée pour exposer publiquement les motivations et les attentes du parti sur ce dossier.
Jean-Pierre Fabre s’appuie aussi sur les précédents institutionnels, rappelant que la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), par la voix de son président de l’époque, feu Monseigneur Nicodème Barrigah, avait exprimé dès 2012 le souhait d’une déclassification. La CVJR avait alors estimé que cette requête devait être portée par l’État togolais lui-même.
L’État togolais face à ses responsabilités
Pour l’ANC, la recherche de la vérité sur l’assassinat de Sylvanus Olympio ne saurait être réduite à un combat partisan. Elle constitue, selon le parti, une exigence nationale relevant de la responsabilité directe de l’État togolais.
Dans sa lettre, Jean-Pierre Fabre invite donc le Chef de l’État à user de son autorité morale et institutionnelle pour amener le gouvernement à adresser une demande officielle aux autorités françaises. Une telle démarche, soutenue au plus haut sommet de l’État, renforcerait la crédibilité et les chances d’aboutissement du processus.
Un enjeu de mémoire et de réconciliation
Au-delà de la dimension politique, l’ANC insiste sur la portée historique et symbolique de cette démarche. L’ouverture des archives permettrait, selon le parti, de restaurer la vérité, d’honorer la mémoire du premier Président togolais et de favoriser une réconciliation sincère du pays avec son passé.
Par cette nouvelle interpellation, Jean-Pierre Fabre et l’ANC entendent empêcher que le dossier Olympio ne sombre dans l’oubli, et rappeler que la construction d’une unité nationale durable passe aussi par la clarification des pages les plus sensibles de l’histoire du Togo.
