Entrepreneuriat
Création d’entreprises au Togo : un second recul consécutif en 2025
Le dynamisme entrepreneurial au Togo marque un nouveau ralentissement. Selon les données compilées par Togo First auprès du Centre de formalités de création d’entreprises (CFE), 14 202 nouvelles entreprises ont été enregistrées en 2025, contre 14 919 en 2024, soit une baisse de 4,8 %. Il s’agit du deuxième recul consécutif, après une contraction plus marquée de 13 % déjà observée l’année précédente.
Une décélération progressive tout au long de l’année
L’analyse trimestrielle des immatriculations révèle une dynamique en perte de vitesse dès le début de l’année. Au premier trimestre 2025, 4 262 entreprises ont été créées, un niveau qui reste relativement élevé. Toutefois, le rythme s’est essoufflé au deuxième trimestre, avec 3 485 nouvelles créations.
La tendance baissière s’est poursuivie au troisième trimestre, qui n’a enregistré que 3 352 entreprises, avant de s’accentuer en fin d’année. Entre octobre et décembre, seulement 3 103 entreprises ont été immatriculées, confirmant une contraction progressive sur l’ensemble de l’exercice.
LIRE AUSSI : Crise au Venezuela : la CEDEAO condamne fermement la manœuvre
Des réformes engagées, mais des résultats mitigés
Ce recul intervient pourtant dans un contexte où les autorités ont multiplié les initiatives pour améliorer le climat des affaires. Parmi les mesures mises en œuvre figurent la réduction des délais et des coûts de création, la digitalisation des procédures de formalisation, ainsi que plusieurs réformes destinées à encourager l’initiative privée.
Malgré ces efforts, l’impact sur la dynamique de création d’entreprises semble pour l’instant limité, suggérant que d’autres obstacles structurels continuent de peser sur l’entrepreneuriat.
L’accès au financement, un frein persistant
Si aucune explication officielle n’a été avancée par les autorités, l’accès au financement apparaît comme l’un des principaux facteurs explicatifs de cette baisse. Les institutions financières demeurent généralement réticentes à accompagner les jeunes entreprises et les startups, privilégiant les sociétés déjà établies, jugées moins risquées.
Cette situation complique le lancement et la pérennisation de nouveaux projets, notamment pour les jeunes entrepreneurs et les porteurs d’idées innovantes.
Des marchés de plus en plus saturés
Autre élément à prendre en compte : la saturation de certains segments économiques, notamment le commerce, la restauration et le transport. Ces secteurs, longtemps considérés comme des portes d’entrée privilégiées pour l’entrepreneuriat, offrent aujourd’hui moins d’opportunités aux nouveaux entrants, accentuant la concurrence et réduisant les marges.
Un signal d’alerte pour l’écosystème entrepreneurial
La baisse continue du nombre de créations d’entreprises envoie un signal d’alerte à l’ensemble de l’écosystème économique. Elle interroge sur la capacité des réformes actuelles à répondre aux réalités du terrain et souligne la nécessité d’actions plus ciblées, notamment en matière de financement, d’accompagnement et de diversification sectorielle.
À l’heure où l’entrepreneuriat est présenté comme un levier majeur de croissance et d’emploi, l’évolution observée en 2025 invite à repenser les mécanismes de soutien afin de redonner un nouvel élan à l’initiative privée au Togo.
