Economie
Coton au Togo : un rendement record relance la filière
La filière cotonnière du Togo enregistre des performances inédites depuis la création de la Nouvelle Société Cotonnière du Togo. Pour la campagne 2025-2026, le rendement moyen atteint 995 kg à l’hectare, contre 797 kg l’année précédente, soit une progression de 25 %. Un résultat qui marque un net redressement après plusieurs années difficiles et ravive les ambitions à l’horizon 2030.


Une production en forte hausse au Togo
Les premières estimations annoncent une production de 74 000 tonnes de coton-graine, en hausse de 23 % par rapport à la campagne précédente. Ce niveau, proche du seuil symbolique d’une tonne à l’hectare, constitue un record selon les responsables de la NSCT.
Au total, près de 74 000 hectares ont été cultivés par plus de 68 000 producteurs. Malgré un début de saison marqué par une sécheresse dans la région des Savanes, les autres zones ont affiché des rendements supérieurs, permettant de compenser les pertes initiales.
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Un secteur marqué par des années de crise
Cette reprise intervient après une période de fortes turbulences. Depuis l’entrée de Olam Agri au capital de la NSCT en 2020, la production avait connu une chute importante, passant de plus de 116 000 tonnes à moins de 50 000 tonnes en quelques années.
Plusieurs facteurs expliquent ce recul : baisse du prix d’achat du coton, perturbations liées à la pandémie de COVID-19, hausse du coût des intrants due aux tensions internationales, ainsi que des attaques de ravageurs ayant fortement affecté les rendements. À cela s’ajoute la concurrence de cultures plus rentables comme le soja.
Les leviers de la relance
Le redressement actuel repose sur plusieurs éléments clés. D’abord, l’utilisation de produits phytosanitaires adaptés a permis de mieux contrôler les parasites. Ensuite, l’implication des producteurs, mieux encadrés par les techniciens, a contribué à améliorer les performances, certains atteignant jusqu’à 2,5 tonnes à l’hectare.
Par ailleurs, le maintien du prix d’achat à 300 FCFA le kilo, combiné à une subvention de l’État sur les engrais, a renforcé la confiance des producteurs. Le dialogue renoué entre la NSCT et la Fédération nationale des groupements de producteurs de coton a également joué un rôle déterminant dans cette dynamique.
Des ambitions élevées à l’horizon 2030
Fort de ces résultats, le secteur affiche de nouvelles ambitions. Pour la prochaine campagne, environ 100 000 hectares sont déjà annoncés, avec un objectif de 105 000 hectares. À moyen terme, la stratégie vise 150 000 hectares cultivés par 150 000 producteurs, pour une production estimée à 150 000 tonnes.
Cette progression devrait s’appuyer sur le recrutement de nouveaux producteurs et sur l’amélioration continue des rendements, la variété actuelle offrant un potentiel encore largement exploitable.
Des défis encore présents
Malgré ces avancées, plusieurs contraintes persistent. Le matériel logistique de la NSCT reste limité, ralentissant la collecte du coton. La dépendance aux conditions climatiques demeure également un facteur de risque important, avec des pluies de plus en plus imprévisibles.
Enfin, la filière reste exposée aux fluctuations des marchés internationaux, bien que des perspectives de transformation locale émergent avec le développement de la Plateforme industrielle d’Adétikopé, ouvrant la voie à une meilleure valorisation du coton togolais.
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