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Corruption et blanchiment d’argent : le Togo lance une offensive contre les fortunes illégales
Le Togo s’apprête à renforcer son dispositif de lutte contre la criminalité financière avec la création d’une Agence nationale de recouvrement des avoirs criminels. L’annonce a été faite par le ministre de la Justice, Pacôme Adjourouvi, lors d’une rencontre à Lomé avec une délégation du Réseau interagences de recouvrement des avoirs d’Afrique de l’Ouest (ARINWA).
Cette initiative traduit la volonté des autorités togolaises de mieux lutter contre les biens acquis illégalement, le blanchiment d’argent et les autres formes de criminalité financière.
Une agence chargée d’identifier et de saisir les biens d’origine criminelle
La future structure aura pour principales missions de :
- identifier les avoirs issus d’activités criminelles ;
- localiser les comptes bancaires, immeubles, véhicules, bijoux et autres biens illicites ;
- geler et saisir ces biens dès l’ouverture des enquêtes ;
- procéder à leur confiscation après une décision de justice.
L’objectif est d’empêcher les auteurs d’infractions de profiter des revenus tirés de leurs activités illégales.

Restituer les fonds à l’État et indemniser les victimes
Au-delà de la saisie des biens, l’agence devra également assurer la gestion des avoirs récupérés.
Les ressources confisquées pourront être reversées à l’État ou servir à indemniser les victimes des infractions financières lorsque la loi le prévoit.
Cette approche vise à renforcer la justice financière et à garantir que les produits du crime soient utilisés dans l’intérêt général.
Un accompagnement du réseau régional ARINWA
Le Réseau interagences de recouvrement des avoirs d’Afrique de l’Ouest (ARINWA) accompagnera le Togo dans la mise en place de cette nouvelle agence.
Son appui portera notamment sur :
- le partage d’informations entre les États ;
- la coopération judiciaire et policière ;
- la formation des enquêteurs, magistrats et spécialistes du recouvrement des avoirs.
Cette collaboration devrait faciliter les enquêtes impliquant des patrimoines dissimulés à l’étranger.
Un dispositif renforcé contre la corruption et le blanchiment
La future agence viendra compléter les missions de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), déjà chargée de lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
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Elle permettra également au Togo de renforcer son dispositif conformément aux recommandations de l’UEMOA et aux standards internationaux en matière de lutte contre la criminalité financière.
L’agence collaborera avec plusieurs partenaires internationaux, notamment l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), le réseau CARIN et le Groupe d’action financière (GAFI).
Un signal fort envoyé aux fraudeurs
Avec cette nouvelle structure, le gouvernement entend intensifier la lutte contre la corruption, les détournements de fonds et les flux financiers illicites.
La création de cette agence envoie un message clair : les biens acquis grâce à des activités criminelles pourront désormais être identifiés, saisis et récupérés grâce à des moyens renforcés et à une coopération internationale plus étroite.
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