Politique
Dissolution de 118 ONG suscite de vives inquiétudes sur les libertés
La décision des autorités burkinabè de dissoudre 118 associations et organisations non gouvernementales : ONG provoque une forte onde de choc dans le pays. Cette mesure, annoncée le mercredi 15 avril 2026 par le ministère de l’Administration territoriale, touche un large éventail de structures actives dans des secteurs essentiels tels que la santé, l’action sociale et la défense des droits humains.

Des organisations de la société civile fortement touchées
Parmi les entités concernées figurent plusieurs organisations reconnues, notamment l’Association des élèves et étudiants handicapés du Burkina, l’Initiative citoyenne pour la démocratie et le développement (ICDD), l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), le Réseau burkinabé de défense des droits syndicaux, ainsi que l’Association de soutien aux personnes âgées (ASPA).
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Ces structures jouaient un rôle important dans l’accompagnement des populations vulnérables et dans le fonctionnement du tissu social burkinabè.
Un encadrement renforcé du secteur associatif
Cette décision s’appuie sur la loi du 17 juillet 2025 relative à la liberté d’association, qui impose désormais aux ONG des obligations strictes en matière de transparence, de déclaration administrative et d’alignement avec les orientations des autorités de transition dirigées par le capitaine Ibrahim Traoré.
Avant cette vague de dissolutions, 21 ONG avaient déjà été retirées du dispositif légal, tandis que d’autres avaient été suspendues temporairement pour des raisons administratives.
Un contexte de tensions avec certaines ONG internationales
La décision intervient dans un climat déjà tendu entre les autorités burkinabè et certaines organisations internationales de défense des droits humains. Après la publication d’un rapport de Human Rights Watch intitulé « Personne ne pourra s’échapper », les autorités avaient dénoncé ce qu’elles qualifient d’« organisations se présentant comme ONG mais agissant comme des relais d’influence étrangère ».
Des justifications officielles contestées
Pour le gouvernement, ces mesures visent à renforcer la transparence du secteur associatif et à lutter contre le financement du terrorisme ainsi que le blanchiment de capitaux. Toutefois, de nombreux observateurs y voient une restriction progressive de l’espace civique depuis l’arrivée au pouvoir du régime militaire en 2022.
Un durcissement politique plus large
Depuis le coup d’État du 30 septembre 2022, les autorités ont progressivement renforcé leur contrôle sur la vie politique. Les partis politiques avaient d’abord été suspendus avant d’être dissous en février dernier, une décision justifiée par la volonté de préserver l’unité nationale et de rationaliser l’action publique.
Des critiques internationales persistantes
Ce virage politique suscite de vives critiques à l’échelle internationale. Human Rights Watch estime que la situation des droits humains s’est gravement détériorée dans le pays, évoquant également des opérations militaires ayant causé de nombreuses victimes civiles, pouvant selon l’organisation relever de violations graves du droit international.
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