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Boni Yayi rejette la création d’un Sénat et alerte sur les risques pour la démocratie béninoise
L’ancien président béninois et chef du parti Les Démocrates, Boni Yayi, a exprimé une opposition catégorique au projet de révision constitutionnelle actuellement débattu à l’Assemblée nationale. Cette initiative, portée par deux députés de la mouvance présidentielle — Aké Natondé et Assan Seibou — vise à instaurer un Sénat, dont les anciens présidents de la République deviendraient membres de droit.
Pour Boni Yayi, cette réforme est dépourvue de légitimité et de pertinence. Elle serait, selon lui, inadaptée au contexte politique actuel et risquerait de fragiliser la démocratie béninoise. « La création d’un Sénat n’est ni opportune ni légitime. Elle représente une initiative antidémocratique, contraire aux principes fondamentaux de la séparation des pouvoirs et du bon fonctionnement de nos institutions », a-t-il affirmé avec fermeté.
Un climat politique “d’exclusion”
L’ancien chef de l’État estime que cette initiative survient dans un climat d’exclusion et de méfiance politique, peu propice à un débat républicain ouvert. À ses yeux, la révision constitutionnelle pourrait altérer la nature du régime politique béninois et remettre en cause les acquis démocratiques durement obtenus depuis la Conférence nationale de 1990.
Boni Yayi rejette par ailleurs l’idée d’être automatiquement membre de droit d’une telle institution, soulignant qu’un Sénat risquerait de déséquilibrer le système institutionnel au lieu de le renforcer.
Les promoteurs défendent leur vision
Face à ces critiques, les députés Aké Natondé et Assan Seibou maintiennent leur position. Selon eux, l’absence d’une chambre haute constitue une faiblesse dans l’architecture politique actuelle. Le Sénat, affirment-ils, permettrait de favoriser la continuité de l’expérience politique en associant les anciens dirigeants et chefs d’État à la gouvernance nationale.
Cette proposition vise, d’après eux, à moderniser le système politique béninois et à améliorer la qualité du processus législatif, notamment en matière de relecture et d’équilibre des lois.
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Un appel à la mobilisation des députés de l’opposition
En tant que leader de l’opposition, Boni Yayi a appelé les 22 députés restants de son camp à s’opposer à cette réforme constitutionnelle. Il a rappelé que le groupe Les Démocrates, initialement fort de 28 élus, a récemment connu des défections internes, six de ses membres ayant rejoint la mouvance présidentielle.
Ces derniers avaient déjà soutenu le rapport d’activité du président du Parlement et pourraient à nouveau appuyer cette révision, risquant ainsi de modifier les équilibres politiques au sein de l’Assemblée.
Un débat révélateur des tensions politiques
Cette controverse autour de la création d’un Sénat met en lumière les tensions persistantes entre la majorité et l’opposition au Bénin. Pour certains observateurs, la proposition de loi soulève non seulement une question institutionnelle, mais aussi un enjeu politique majeur : celui du renforcement ou de la remise en cause des contre-pouvoirs démocratiques dans le pays.
Alors que le débat se poursuit au Parlement, le camp Yayi entend mobiliser l’opinion publique pour empêcher l’adoption d’une réforme qu’il juge dangereuse pour la stabilité démocratique du Bénin.
Source : actulomé
