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9ᵉ Congrès panafricain à Lomé : Ayayi Togoata Apédo-Amah dénonce les mercenaires

9ᵉ Congrès panafricain à Lomé : Ayayi Togoata Apédo-Amah dénonce les mercenaires

Le 9ᵉ Congrès panafricain prévu du 8 au 12 décembre 2025 à Lomé, la capitale togolaise se retrouve au centre d’une vive polémique. Plusieurs voix, notamment issues de milieux militants panafricanistes, appellent au boycott de l’événement. Au cœur des critiques : l’accusation selon laquelle le panafricanisme ne saurait servir de vitrine à un régime qualifié par ses détracteurs de « rétrograde » et « liberticide ».

Des critiques qui dénoncent une instrumentalisation du panafricanisme

Selon les partisans du boycott, organiser une rencontre panafricaniste sous un régime accusé de dérive autoritaire serait une contradiction profonde. Pour eux, le panafricanisme vise d’abord à défendre les peuples africains, non à légitimer des gouvernements perçus comme « pions de l’impérialisme et de la Françafrique ».

L’intellectuel togolais Ayayi Togoata Apédo-Amah, très critique à l’égard des gouvernances autoritaires sur le continent, estime que certains États se réapproprient le discours panafricaniste pour en faire un outil de communication politique. Il dénonce notamment « des manipulateurs au pouvoir » et « des mercenaires panafricanistes » qui, selon lui, dénaturent le message originel de cette idéologie.

Panafricanisme : une idéologie aux multiples lectures

Définir précisément le panafricanisme reste complexe. Depuis ses origines au début du XXᵉ siècle, le concept a évolué, porté par des penseurs, des mouvements sociaux et différents courants politiques. Apédo-Amah rappelle les fondements historiques de cette doctrine : l’unité africaine comme levier de libération, de développement et d’émancipation face au colonialisme et à l’impérialisme.

Il souligne que le panafricanisme authentique doit favoriser la liberté des peuples, la valorisation des cultures africaines et la construction d’institutions justes. Pour lui, cette vision ne peut prospérer sous des régimes qui restreignent les libertés ou maintiennent l’opposition sous pression.

Les critiques visent également certains “panafricanistes médiatiques”

L’analyse met aussi en lumière l’émergence d’une catégorie de « panafricanistes de façade », très actifs sur les réseaux sociaux. Ces influenceurs, souvent suivis par un large public, sont accusés de propager des discours radicaux, parfois au service d’intérêts politiques non avoués.

Apédo-Amah les qualifie de « mercenaires de la parole », reprochant à certains le manque de rigueur intellectuelle et la diffusion d’informations biaisées. L’auteur affirme que plusieurs auraient été financés par des réseaux politiques étrangers pour défendre des agendas contraires aux aspirations populaires africaines.

Un contexte africain marqué par la crise démocratique

Les appels au boycott du Congrès de Lomé interviennent dans un climat continental tendu, où les coups d’État, les transitions prolongées, la répression politique et les restrictions des libertés sont régulièrement dénoncés.

Pour Apédo-Amah, les régimes qui revendiquent le plus bruyamment l’étiquette panafricaniste sont souvent ceux dont la gouvernance est la plus contestée. Il évoque une « contradiction majeure » : comment prôner l’unité africaine tout en maintenant, selon lui, des politiques internes restrictives et des opposants en prison ou en exil ?

La question du boycott : un débat politique et moral

La participation au Congrès divise les milieux panafricanistes. Pour les opposants à l’événement, assister à ces assises reviendrait à « cautionner » un pouvoir en place depuis plusieurs décennies au Togo. Ils estiment qu’aucune idéologie, aussi noble soit-elle, ne doit servir à occulter les aspirations démocratiques populaires.

L’auteur du texte conclut en affirmant que « aucun peuple ne peut être sacrifié au profit d’une idéologie ». Selon lui, les panafricanistes qui prendront part au congrès « commettent une faute » envers les citoyens togolais qui revendiquent un changement politique.

Un congrès sous tension, un débat qui dépasse les frontières togolaises

Alors que Lomé s’apprête à accueillir des délégations venues de tout le continent, l’événement ouvre un débat profond sur l’avenir du panafricanisme, sa légitimité politique et sa récupération par certains acteurs.

Entre les promoteurs de l’unité africaine et ceux qui dénoncent une instrumentalisation du mouvement, le 9ᵉ Congrès panafricain pourrait devenir un moment décisif, révélateur des lignes de fracture qui traversent le panafricanisme contemporain.

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